Ils sont fous et furieux. Leur fureur cherche un exutoire, et les femmes sont encore et toujours l’exutoire de leur fureur, leur fureur cherche toujours un corps de femme pour exercer leur impuissance. La violence, c’est toujours de la libido. Et celle qui explose aujourd’hui, explose les repères politiques et organise le désastre moral français, c’est la libido coloniale.
J’ai longtemps été aveugle à la question coloniale, par ignorance, par bêtise, par honte, lâcheté, peur. Je suis toujours ignorante, bête, honteuse, lâche et peureuse mais je vous vois.
Je vous vois chasser l’Arabe femelle fantasmée pour la soumettre, je vous vois désirer la puissance virile arabe fantasmée pour l’éradiquer. Je vous vois désirer pénétrer l’intimité des petites filles, mettre à vos genoux les petits garçons. (Vous tremblez de désir)
L’empire vous manque. La puissance vous manque. La dernière fois que vous avez senti vos membres dressés c’était le bon vieux temps des colonies.
Ce temps plus si vieux, ce temps nostalgique des colonies érotise et organise la géopolitique et les cartes morales : coloniser c’est bien. (vous gémissez)
Alors, pour augmenter vos lames de plaisir, vous vous inventez une invasion pour légitimer le déchaînement érotique de votre violence.
Rien de plus désirable que la puissance qui vous fait peur, peur que vous sucez, sucez comme un bonbon à la framboise. (Vous aimez sucer.)
Les verges se dressent, les muqueuses s’humectent, la haine n’est rien, ce qui vous allume c’est le désir. Déshabiller les femmes, agenouiller les hommes, BDSM raciste pour des créatures amoindries, faibles, sans aucun projet politique. (Vous gémissez)
Le projet ? L’émancipation. Oui, et pourquoi pas la pacification ? Emanciper au napalm, émanciper à la Kalash, émanciper par le viol, cela s’appelle coloniser. Non, non, ne commencez pas à convoquer les iraniennes dont vous vous foutez. Encore moins les afghanes dont vous refusez systématiquement les demandes d’asile.
Je vous vois. Je vous vois avec vos arguties crétines et agitées, je vous vois, misérables et dégueulasses à vous masturber en chassant à courre les femmes musulmanes.
Je vous vois.
Aujourd’hui, le désastre moral est total. Plus rien ne vous bride. Vous ne savez pas où donner de la tête. La partouze a commencé et on n’est pas encore en 2027.
Vous voulez l’égalité, un Gaza pour tous, le droit d’éradiquer, l’impunité du crime de guerre pour tous. Le libertinage génocidaire.
C’est la fin du monde et vous pensez que vous êtes le monde, que vous êtes la force vive alors que vous êtes moribonds.
Vous savez que le capitalisme tue, tout, le vivant, les corps et les montagnes, l’eau et l’air, vous savez que le capitalisme vous tuera aussi, vous vous savez condamnés mais avant cela, vous voulez votre moment, le moment où l’orgie raciste sera partout légalisée.
Vous entraînez avec vous des gens un peu excités, tentés par la possibilité de la puissance, la possibilité de la domination – provisoire. Certains sont sincères à croire à vos mensonges. Vous, vous savez, c’est vous qui organisez.
Je vous vois.
Et je ne suis pas la seule. Et je ne vous laisserai pas faire. Je ne pourrai peut-être rien mais je ne vous laisserai pas faire.
Et je n’ai pas peur.
Je suis issue d’une lignée de femmes berbères puissantes à inventer leur propre échappée.
Qu’elles soient musulmanes ou pas, voilées ou pas,
Ces femmes françaises existent. POINT.
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dalie Farah
Guerre d’Algérie : le viol des femmes, un sujet encore tabou – France 24

